Il se dit « heureux tout plein d'avoir réussi ce périple avec sa coque de noix. C’est énorme … cela donne des ailes, de la grosse énergie positive ».
Sentiment bien évidemment mêlé aux désagréments qu’il a dû surmonter : « J’ai été prudent sur le matériel après la casse de mes drisses aux Canaries, mon pilote automatique m’a lâché au Cap Vert, et puis à la fin la nourriture était très rationnée ».
Il nous conte aussi ses meilleurs souvenirs: « La sortie du pot au noir bord à bord avec Isabelle Joschke dans un grain pluvieux, et sans aucun doute l’arrivée sur les côtes du Brésil ! »
Isabelle qui parle aussi de Bertrand dans une interview à "course au large" peu de temps après son arrivée "La traversée du pot au noir m’a beaucoup marqué, non par sa difficulté météorologique, mais parce que je me suis trouvée au milieu d’un petit groupe, avec notamment les filles, Bénédicte Graulle et Laurence Chateau, mais aussi Bertrand Delesne, Pierre Gedouin ... et là, j’ai vraiment compris ce que solidarité voulait dire, quand chacun à tour de rôle trouvait les mots pour remonter le moral de celui ou de celle qui craquait ... cela m’a marqué : solitaire, mais solidaire, l’esprit Mini dans toute sa grande acceptation...". Solitude ? Bertrand nous en dit aussi un mot : « Seul mais pas trop car on s’est fait une bonne bande de copains a la VHF (Radio a courte portée seule autorisée dans cette course NDR) depuis le pot au noir.
Le moment magique de l’arrivée est toujours celui où le skipper livre ses premiers sentiments, les moments magiques, les difficultés, sous les yeux attentifs des amis, qui viennent de vivre la même aventure.Néanmoins, il est difficile de retransmettre l'émotion que représente l'arrivée d'une telle course : la transat 650 reste unique dans l'accueil des concurrents par les concurrents eux-mêmes.
Le mieux est de laisser à Bertrand le mot de la fin : « L’arrivée c’est les copains qui t’attendent avec une Caipirinha et une baignade, tout paraît un peu irréel après tant de jours tout seul ».